« MAIS TU RONRONNES ?!!!! »
dis-je à l’homme dans le rêve.
Notes, Avril 2020.

Thérianthrope
θηρίον / thêríon, « animal sauvage »,
άνθρωπος / ánthrôpos, « être humain »

En 2018, après la publication de l’ouvrage Noces, aux éditions sunsun, je souhaite poursuivre l’exploration des porosités entre vivants.

A Marseille, où je réside, et au delà, des hommes et des bêtes se côtoient au quotidien ; autant de récits ordinaires où surgit une intimité merveilleuse s’incarnant de la grâce à l’effroi.

Une figure semble cristalliser ce trouble de l’étrange proximité entre espèces : le thérianthrope. Ainsi, avec mes compagnons de recherche, Aurélie Darbouret, autrice, et Philippe Somnolet, ethnographe, nous partons sur la piste de l’homme-animal. En 2018-2019, en résidence-mission au Pays de Grasse, puis au fil d’une riche collaboration avec les équipes des Archives Départementales des Bouches-du-Rhône.

Mais, à la fin de l’hiver 2019, la pandémie de covid 19 – une zoonose-, bouscule le projet. Les ateliers avec les différents publics, menés in extremis entre deux confinements, deviennent expériences de catharsis. En 2020, la restitution se déploie hors les murs pour raison sanitaire, sous la forme d’un affichage public grand format sur les murs du jardin de la lecture, à Marseille.
Les productions de cette recherche création font l’objet d’une acquisition par les Archives Départementales 13.

Ce projet a bénéficié du soutien à la photographie documentaire contemporaine du CNAP 2019, et du dispositif La classe, l’oeuvre!

Paroles humaines, figures animales, un dispositif documentaire participatif

En août 2019, avec le soutien à la photographie documentaire contemporaine du CNAP, j’explore plusieurs terrains à Marseille et sa région, à la rencontre de personnes vivant au quotidien avec des bêtes. La prise de vue se nourrit des documents historiques collectés en collaboration avec l’équipe des Archives des Bouches-du-Rhône. En parallèle, le récit évolue au contact de différents publics, avec la tenue d’ateliers.
Au cours de cette divagation, nous, auteurs, décidons que notre matière serait polymorphe, comme la figure de l’homme-animal. Aurélie Darbouret recueillerait la parole des humains, et j’aurais affaire aux « bestioles », à des individus non-humains. Ma tâche sera de porter attention aux corps, aux états, aux gestes, aux porosités ou aux regards.

Gueules (rouge), Argent (blanc), Sable (noir), la construction du récit

Au fil de l’assemblage, et des échanges avec mes co-auteurs, représentations contemporaines et passées tracent des lignes, inventent des chemins, brouillent les certitudes. En puisant dans les fonds anciens exhumés avec les archivistes, le corpus visuel renoue avec la narration du conte médiéval, interprète les codes de l’héraldique. Les couleurs Gueules, Argent, Sable – noir, blanc, rouge – s’imposent alors au récit. L’ensemble, où chaque image est reliée aux autres au fil des saisons et des rythmes biologiques, constitue un cycle, et prend forme dans la collaboration avec François Marcziniak, designer graphique, pour l’installation le cantique des moineaux.

Illustrations : fonds des Archives Départementales des Bouches-du Rhône

Ce projet a bénéficié du soutien à la photographie documentaire contemporaine du CNAP 2019 et du dispositif La classe, l’oeuvre!

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Vivorama, sur la piste de l’animal

Le Cantique des moineaux