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  • « Noces » ou les confins sauvages

    « Au printemps, Tipasa est habitée par les dieux et les dieux parlent dans le soleil et l’odeur des absinthes, la mer cuirassée d’argent, le ciel bleu écru, les ruines couvertes de fleurs et la lumière à gros bouillons dans les amas de pierres. A certaines heures, la campagne est noire de soleil ».

    Noces à Tipasa, Albert Camus.

    Marseille. Aux portes de la ville, le sauvage flirte avec l’intime, invite à tisser avec le littoral des trames sensorielles. Les corps se déploient au contact des éléments naturels. Au cours de quatre cycles,  la mer, les bêtes et les hommes dialoguent dans un microcosme vivant et enchanté, instable et vulnérable.

    De tout temps, le monde du vivant a nourri l’imaginaire des humains. En Méditerranée, bestiaires et mythologies convoquaient toutes les créatures de la mer dans un monde fantastique. Pour ce projet, je suis allée chercher les traces et les figures de ces récits dans un espace géographique bien réel, aux confins de la métropole marseillaise, le massif des Calanques. La vocation touristique de ce Parc National qui accueille deux millions de visiteurs par an, conditionne les représentations du territoire. « Noces », c’est l’espoir d’un possible imaginaire des lieux. Aujourd’hui, comment le sauvage résonne-t-il en nous ?